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Jan 28, 2026

Les caméras embarquées pourraient réduire drastiquement la pêche illégale et les atteintes aux droits humains en mer, selon un nouveau rapport

By EJF Staff

De vastes zones des océans du monde sont pratiquement sans surveillance, ce qui permet à la pêche illégale et à de graves violations des droits humains de se poursuivre en toute impunité. Un nouveau rapport de l'Environmental Justice Foundation (EJF) appelle à une adoption urgente et généralisée de caméras de vidéosurveillance (CCTV) à bord des navires de pêche, affirmant qu'elles pourraient transformer la transparence en faveur d'un océan durable.

Le rapport constate que la pêche illicite, non déclarée et non réglementée est régulièrement associée à la violence, à l'intimidation et au travail forcé. Le manque chronique de contrôle indépendant à bord des navires de pêche, en particulier dans les flottes de pêche en haute mer et de pêche lointaine, rend ces abus possibles.

Longtemps considérés comme une référence, les observateurs des pêches ne couvrent qu’une faible proportion des sorties mondiales et sont exposés à l’intimidation et à la violence. Au moins quatorze d'entre eux ont disparu ou ont été tués dans des circonstances suspectes au cours de la dernière décennie. D’autres outils existants, comme les systèmes de suivi des navires et les journaux de bord, ne permettent pas de voir ce qui se passe sur S’appuyant sur des études de cas à travers le monde, il montre que la vidéosurveillance embarquée peut dissuader les crimes et les abus, et fournir des preuves vérifiables par des tiers pour faire appliquer la loi.

À Taïwan, le déploiement quasi généralisé de la vidéosurveillance sur les navires de pêche en haute mer a notamment permis de dissuader le prélèvement d’ailerons de requins et la capture illégale d’espèces protégées. Un pêcheur a déclaré à l’EJF: « Il y a maintenant des lois et des caméras. Si nous attrapions un requin, nous le relâcherions. »

Au Danemark, l’installation de caméras sur les chalutiers a fortement réduit le rejet illégal de jeunes cabillauds, qui étaient auparavant jetés par-dessus bord pour préserver les quotas. Au Ghana, deux observateurs ont disparu depuis 2019. Les projets pilotes de vidéosurveillance montrent qu’ils pourraient contribuer à prévenir de tels drames.

Le rapport avertit toutefois que la vidéosurveillance n'est pas une solution miracle. Sans cadres juridiques solides, sans accès indépendant aux données et sans protection des droits des pêcheurs, cette technologie risque d'être détournée. Dans des flottes où les règles sont appliquées par la violence, comme en Chine, la vidéosurveillance pourrait être utilisée pour surveiller et punir les équipages vulnérables plutôt que pour les protéger.

Le rapport souligne donc la nécessité de garantir strictement la vie privée, de disposer de systèmes inviolables, de règles claires en matière de partage des données et d'associer réellement les pêcheurs à la conception et au déploiement des programmes de surveillance.

Steve Trent, fondateur et directeur général de l’Environmental Justice Foundation, a déclaré: « Lorsque les navires opèrent sans contrôle, les écosystèmes sont pillés et les travailleurs sont exploités en toute impunité. Les preuves issues des études pilotes montrent que la CCTV peut être un outil puissant pour mettre en lumière ces abus. »

« Elle permet une surveillance continue et vérifiable, là où les mécanismes traditionnels sont inefficaces. Il devient ainsi beaucoup plus difficile pour les auteurs de crimes en mer d'échapper à la justice. Il est temps de déployer la vidéosurveillance dans toutes les flottes du monde. »

Le rapport recommande :

  • de faire de la CCTV un élément standard des systèmes de surveillance des pêches;

  • étendre son utilisation au suivi des conditions de travail et des droits humains, et pas uniquement à la conformité environnementale;

  • garantir un accès sécurisé et indépendant aux images pour les autorités et les enquêtes;

  • associer la CCTV à une connexion Wi-Fi à bord afin que les équipages puissent signaler les abus en temps réel;

  • que tous les gouvernements approuvent et mettent en œuvre la Charte mondiale pour la transparence dans les pêches.

FIN

Notre travail en faveur de la justice environnementale vise à protéger notre climat mondial, nos océans, nos forêts, nos zones humides et la faune, ainsi qu'à défendre le droit fondamental de chaque individu à vivre dans un environnement naturel sûr. À l'échelle internationale, nous informons les décideurs politiques et nous nous engageons en faveur de réformes systémiques et durables pour protéger l'environnement et défendre les droits humains. Nous enquêtons sur les abus et les dénonçons, et nous soutenons les défenseurs de l’environnement, les peuples autochtones, les communautés et les journalistes indépendants qui sont en première ligne des injustices environnementales. Pour plus d'informations: media@ejfoundation.org.